21.05.2006

Cabaret Nono? Au plus haut!

J'ai assisté hier à la représentation du cabaret Nono et ce fut vraiment un des 2 ou 3 très grands moments de la saison.

 Installés à table au milieu d'une arène, les spectateurs assitent tois heures durant à un tourbillon de poésie, de provocation politique, de numéros visuels d'une beauté à couper le souffle, de dérision irresistible. Tout cela est d'une intelligence rarissime; un mélange de cabaret berlinois, de surréalisme, de réminiscence des Branquignols (Ah la scène des saucisses!). Les Nonos sont tous de très grands pros sous la baguette magique de Serge Noyelle. On rit, on pleure, on s'émeut, on refait le monde, bref on vit. Foncez-y!!! Et surtout n'oubliez pas d'acheter une Tour Eiffel à 2 € ou une boule Nono à 4€...

06.05.2006

Montalvo: le triomphe !

Je suis allé hier soir voir le dernier spectacle de José Montalvo: "On danfe".


 

 

 

Sur une musique de Jean-Philippe Rameau, il a construit une féérie totale basée sur le croisement des images et des danseurs.

Du très grand art qui a en plus le mérite de remettre la danse hip hop à sa vraie place: au plus haut.

 

Le public ne s'y est pas trompé et a fait à la troupe de 17 artistes un triomphe debout, à n'en plus finir. 

10.02.2006

Au théâtre

Je suis allé deux fois au Phénix cette semaine d'abord pour la folle journée ou le mariage de Figaro. Une pièce de Beaumachais qui a bien mis une heure à décoller, heureusement il en restait deux pour prendre du plaisir. Une bonne mise en scène, sans doute au dessus du niveau des comédiens.

J'ai également vu Aïda vaincue de René kalisky mis en scène par Michael Delaunoy. Texte violent, propos très fort (réglement de compte dans une famille juive très "mittel Europa" à l'occasion du retour au bercail de la fille qui vivait au Canada), un beau moment de théâtre. J'y ai découvert deux comédiens extraordinaires aux gueules et aux physiques incroyables jouant Ma (Janine Godinas à gauche de profil) et Jack (Julien Roy)

 

26.01.2006

Gembloux à la recherche de l'armée oubliée: une vraie découverte

Je suis allé ce soir au Phénix assister à la représentation de la pièce "Gembloux ou l'armée oubliée". Il faut d'abord dire que cette soirée était organisée par l'association Mémoires qui oeuvre autour de la mémoire de l'immigration. La pièce évoque l'implication des armées coloniales dans la seconde guerre mondiale et plus singulièrement de la participation des tirailleurs marocains et sénégalais à la bataille de Gembloux.

J'ai passé une vraie bonne soirée. J'ai appris des choses, j'ai découvert un comédien extraordinaire qui sait tout faire Sam Touzani, j'ai ri, j'ai été ému; en fait ce que devrait toujours être le théâtre...Grande émotion quand à la fin deux tirailleurs marocains ayant combattu à Gembloux sont montés sur scène. Et en plus un public qui à l'évidence n'était jamais venu au Phénix, voire même dans un théâtre. Merci et bravo à l'association Mémoires

Sam Touzani (à gauche)

26.12.2005

Trois jours à Paris

Je suis allé passer trois jours à Paris voir des amis et me saoûler de culture, histoire de changer un peu... Alors en quelques mots, quelques échos...

Expositions:

Vienne 1900 : Klimt, Kokoschka, Schiele, Moser aux Galeries nationales du Grand Palais.
Assez belle exposition, même s'il y a relativement peu d'oeuvres présentées et que les conditions de visite en raison de la foule des grands jours étaient épouvantables
Quelques très beaux Klimt...
...mais y a pas à dire, le plus fort
et de loin,
c'est Egon Schiele.
Dada au Centre Georges Pompidou.
J'ai été très admiratif de la masse de travail que représente cette exposition, tant en recherches qu'en muséographie (intelligente) mais je ne suis pas parvenu à entrer dans cet univers. Je suis passé à côté...Personne n'est parfait...

Charlotte Perriand au Centre Georges Pompidou.

J'y suis entré par hasard, bien m'en a pris: une vraie découverte. Charlotte Perriand (1903–1999) a dédié sa vie « à la recherche sincère et constante d'un art de vivre en accord avec son temps »; et cette femme tout autant créatrice qu'architecte d'espace et designer, qui a traversé le XXe siècle, continue à influencer l'habitat contemporain. La partie consacrée à son travail sur la station de ski "Les Arcs" est particulièrement passionnante.


Un petit tour au Louvre...

...pour voir les appartements Napoléon III, que je ne connaissais pas: éblouissant!

Spectacles:

Oh les beaux jours de Samuel Beckett au Théâtre du vieux colombier/Comédie française.

Depuis la sortie du vieux colombier la petite musique de Beckett me poursuit, me bombarde de questions sur la vie, le destin , la mort, l'enfermement, les autres...

Voila ce qu'on appelle une soirée de rêve: une émotion pure et quasi permanente, un très grand texte, un très grand metteur en scène, une comédienne exceptionnelle au sommet de son art: Vive Catherine Samie!!! 

Et en prime, le plaisir de l'embrasser et d'échanger quelques mots sur Valenciennes à la sortie.

Les étourdis de Jérôme Deschamps et Macha Makéieff au Théâtre national de Chaillot.

Simplement le meilleur spectacle que j'ai vu de Jérôme Deschamps. Belle illustration de la tyranie des petits chefs, entre autres (Si vous en connaissez, ce dont je ne doute pas, n'hésitez pas à les y envoyer. Ca pourrait être salutaire, du moins s'ils comprennent...)En fait c'est aussi inventif que les Branquignols à leur époque, j'y ai d'ailleurs éprouvé le même plaisir. Les comédiens sont tous excellents; même le chien a du talent. Une très belle et très drôle soirée: MERCI.

Sortie 

Bollywood@funk au Divan du monde, juste pour le fun.

Images de films indiens, DJ venus de Bombay. C'était comme là bas!!!

Décidément je suis bollywoodien à mort!!!

 

08.12.2005

Ca le désordre?: ça le plaisir!

Je suis allé voir hier soir "Ca le désordre" la pièce de Odile et Michel Massé. J'étais dans un esprit très positif ayant gardé un souvenir extraordinaire du précédent opus "Le projet" également monté par la compagnie 4 litres 12 implantée à Nancy. Cette nouvelle oeuvre nous transplante au coeur de la création d'un spectacle. le metteur en scène se débat avec des comédiens qui ont une évidente difficulté avec la pratique de leur art et la compréhension des choses; c'est du moins le sentiment de départ du spectateur... Mais la multiplication de questions qui semblent anodines, naïves, voire ridicules finit par nous destabiliser. Est-on mort quand on ne nous voit pas? Peut-on être vivant si l'on souffre? Tout cela trotte dans la tête du spectateur que je suis et va bien plus loin que les rires qui ont fusé pendant toute la représentation...Toute la troupe participe bien évidemment à cette réflexion sur ce qu'est l'humanité ( ce que sont les humanités...). Une réflexion qui court, qui court dans les têtes...

Je rends donc hommage aux talents conjugués d'Odile Massé, Mawem Noury, Aline Skinus, et Cédric Wéber.

Mais je me dois de traiter à part, plus haut, beaucoup plus haut, un comédien qui est l'auteur de la pièce et également son metteur en scène: Michel Massé. Ce diable d'homme est un artiste polymorphe incroyable et c'est peu dire qu'il est vraiment un très grand artiste qui fait son chemin depuis 40 ans loin de la télévision et du show biz mais près, très près du public et de ce "je ne sais quoi" que je n'arrive pas à définir mais qui s'apparente au génie.

04.12.2005

Le cirque Lili: du bonheur, du bonheur...

J'ai assité après-midi à une représentation du Cirque Lili présenté dans le cadre de la programmation du Prato, à Lille. Ce fut un vrai plaisir dès l'entrée dans le chapiteau bonbonnière en bois et toile. Les deux artistes dont Jérôme Thomas père/concepteur nous présentent avec rien, tout le cirque. A l'heure où la débauche technologique est de mise, il est rafraîchissant de réussir un tel exploit avec une plume, un cadre ou une canne. Sans matériel lourd, sans animaux nous assistons quand même aux jongleries, numéros de trapèze, clowneries, à la cavalerie version arte povera et même au dressage des fauves dans un numéro métaphorique plein d'émotion. 

                                                        

La poésie et l'humour sont toujours là, en embuscade, quand les artistes luttent contre les objets et les éléments. Vraiment cette troupe est de la famille des Raymond Devos, Pierre Etaix, Jacques Tati et Maurice Baquet.

09.11.2005

Bartleby: la larme

Je suis allé au Phénix vendredi dernier assister à la représentation de Bartleby.Il y a bien longtemps que je n'avais pris autant de plaisir(s) au théâtre. Tout d'abord la découverte d'un texte magnifique qui en dépit (mais devrais-je dire grâce à) d'une économie de mots impréssionnante nous inflige une analyse sans pitié d'un monde de solitude et d'incompréhension: comme une punition pour nos comportements sans raison. Puis des comédiens tous parfaits, à un point tel que l'extraordinaire Yann Collette ne les tue pas; chacun existe. Cela révèle d'ailleurs si besoin en était l'excellence du talent des deux  premiers rôles sur lesquels tout a été dit (et que du très bon) par la critique. Florilège:"Yann Colette, qui semble sorti d'une toile de Magritte, est un Bartleby impressionnant" (Le Parisien), "David Géry a réuni une distribution puissante.On en prend la mesure avec le bouleversant face-à-face de l'avoué, immense Claude Lévèque et de Bartleby, Yann Collette. Ces deux grands acteurs portent avec une intelligence aiguë la complexité des deux hommes et laissent effleurer quelques uns des secrets de ce texte énigmatique" (France inter), "Yann Colette n'a que ces mots à prononcer, "je préfèrerais ne pas", mais il ne quitte jamais la scène, sa troublante silhouette, "sa nonchalance cadavérique" écrit Melville sème le désordre"(Le Figaro). La justice et la justesse réclament que je nomme les trois autres interprètes, tous au cordeau: André CHAUMEAU  Dindon, Raphaël ALMOSNI  La Taille, Grégory QUIDEL  Gingembre.

Bartleby, par David Géry et le Théâtre d'or

Alors bien sûr, il y a le décor (rarement tant d'intelligence et de modestie n'auront été de mise) et  la mise en lumière (conçue au millimètre), mais la vraie raison de la réussite exemplaire de ce travail est à chercher du côté de son metteur en scène: David Gery. C'est peu dire qu'il est un artiste inspiré, c'est peu dire que son talent est une évidence. Avec cette pièce, il m'est arrivé ce que je n'avais jamais vécu auparavant au théâtre: une larme qui coule, sans maîtrise ni volonté.  Pour tout ça bravo et merci. Comme me le disait une de mes amies au lendemain de la représentation: "Avec cette mise en scène, j'ai compris ce que c'est que le théâtre". Je ne crois pas qu'il y ait plus beau compliment.

 

ATTENTION

Bartleby part en tournée, ne le ratez pas:

Bar le Duc, Amiens, Aubervilliers,Lyon, Marseille, Rousset (13),Combs la ville, Dunkerque, Orléans, Aubusson, Issoudun, Nantes, Namur (Belgique)

Toutes les infos sur: www.sturbelle.com